14.03
2011

Aujourd'hui, après quelques courses (très) rapides dans une grande surface dont je tairai le nom (plus par honte d'acheter là dedans que pour les protéger), je m'avance vers les caisses automatiques, les moins encombrées du magasin.

Je passe après un couple dont la femme s'occupe de faire passer tous les produits achetés devant le lecteur de code barre avant de les ranger, pendant que son mari ne fait rien. Quand elle a fini, c'est l'homme qui paie, par carte bancaire, s'assurant davantage de ne pas montrer le code secret à son épouse qu'à moi ou aux autres clients. Carrément.

Viens mon tour, je passe mes achats devant le lecteur, et au moment de payer la caisse automatique tombe en panne. Ces machines sont tellement mal conçues que cinq fois sur quatre ça tombe en panne, donc rien de particulier, si ce n'est un détail : l'écran propose d'attendre l'assistance d'une hôtesse. Après l'épisode auquel je venais d'assister, je ne pouvais pas ne pas voir le sexisme d'un tel message…

D'ailleurs, c'est – pour une fois – un employé qui est venu m'aider… j'en ai plaisanté, lui faisant remarquer avec un sourire malicieux que l'ordinateur quémandait une présence féminine. Il m'a regardé, et eût le visage gêné de celui qui ne se sent pas à sa place.

Pour la petite histoire, il n'y avait pas de poulet dans mes achats ;-)

28.09
2010

Récemment, le moteur de recherche Cuil a fermé ses portes dans l'indifférence générale, ou presque. Quelques blogs high-tech ont relayé l'info, certains technophiles ont regretté de ne pas l'avoir testé plus avant, mais le grand public ne l'a jamais essayé (encore moins adopté) et s'en foutait royalement.
Moi-même, je ne m'y serais jamais intéressé si je n'avais cherché à me débarrasser de satan google. Et pourtant, c'était mon moteur de recherche préféré.

Quand j'ai décidé de me débarrasser de google, j'ai essayé d'abord des moteurs dans le même genre. Bing, Yahoo!, Exalead. Intéressants, mais tant que j'en étais à tester, j'en ai essayé des moins conventionnels : Yauba, Cuil, Seeks (méta-moteur), Wolfram|Alpha (pas un moteur de recherche, mais peut compléter efficacement une recherche).
Dans un premier temps, je regardais sur plusieurs moteurs à chaque recherche de peur de louper quelque-chose : les résultats n'étaient pas les mêmes que sur google. Normal et purement logique, mais déroutant au début. Je me disais que si google était premier malgré ses défauts quant à la vie privée, c'était pas pour rien. Et du coup, comme la recherche me semblait plus compliquée, j'utilisais davantage la barre de navigation du navigateur, les favoris, l'historique, etc.
Peu à peu j'ai commencé à prendre confiance dans les moteurs que j'utilisais, mais c'était trop tard. Je n'utilisais déjà plus les moteurs de recherches pour chercher des sites mais pour cherche des informations. Et dans ce type de recherche, Cuil excellait.

Cuil avait en effet un comportement un peu particulier : plutôt que de voir la pertinence d'un résultat particulier et de le remonter, il essayait d'avoir une recherche pertinente dans son ensemble, et favorisant la sérendipité (j'aime les mots compliqués). Ainsi quand je fais une recherche sur le moi (soyons modestes) dans google, il remonte mon compte twitter, ce blog, et un ou deux site ayant un pagerank énorme où j'aurais commenté. Quand je faisais une telle recherche dans Cuil, il tentait de me renvoyer toutes ces petites traces que j'ai laissé au cours de mon surf quotidien. Des trucs marquants, mais surtout donnant sens quand ils étaient réunis.
Et ce n'est pas tout. Les résultats obtenus par le moteur principal pouvaient alors être analysés une seconde fois, mais cette fois-ci par un moteur sémantique (nommé Cpedia). Cuil nous proposait alors d'organiser les informations de telle ou telle manière, à l'aide d'onglets ou en affinant la recherches avec de nouveaux mots-clés (proposés par Cuil). Cuil nous proposait également pour certaines recherches des informations présentées sous formes de tableaux, de frises, de cartes (géographiques ou heuristiques), de schémas...

Alors ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : Cuil était imparfait et il lui manquait de nombreuses fonctions, comme la recherche à l'intérieur des documents (comme le fait Yauba), ou même tout simplement la recherche d'images. J'aurais aimé avoir des filtres de langues comme Exalead en propose. J'aurais aimé qu'il soit décentralisé comme Seeks... Mais Cuil proposait des idées novatrices. Peut-être trop en avance sur son temps.
Pareil, Cuil ne correspondait pas à tous les usages, loin de là. Il m'arrivais couramment de me servir de Bing ou Exalead, de Seeks ou d'IxQuick. Mais quand il s'agit de préparer un exposé, un dossier, une formation pour Jeunes-Science... c'était, combiné à Wikipédia et éventuellement Wolfram|Alpha, l'idéal. Et j'adore faire ce genre de recherches.
Vous comprendrez donc pourquoi la perte de Cuil m'attriste tant. Pourquoi je me surprends parfois (souvent) à être nostalgique en pensant à ce moteur de recherche génial tué par son impopularité.

Pour palier à ce manque, je ne vois que deux solutions.
La première serait que les créateurs de Cuil libèrent leur bébé. Sous AGPL de préférence. Si les créateurs de Cuil me lisent, et bien que les chances que ce soit le cas soient nulles, faites-le. Offrez Cuil au monde. Il y a des chances pour que cet acte donne à ce magnifique projet le public qu'il mérite d'avoir. Et au pire, alors vous n'y perdez rien. La seconde serait de développer un moteur de recherche avec de semblables idées. Je ne prétends pas avoir les compétences pour le faire, donc si quelqu'un veut tenter l'aventure, qu'il n'hésite-pas. Je ne demande qu'une chose : être prévenu pour faire partie de ses utilisateurs. Je propose aussi aux développeurs fous qui tenteront l'aventure d'utiliser les fonctionnalités que j'ai cité au début du paragraphe précédent.

Voilà, dans l'espérance de retrouver mon Cuil chéri ou de croiser la route de ses lointains rejetons, j'ai transmis ce SOS. Merci de le diffuser un maximum.

11.07
2010

J'avais lu il y a quelque temps une interview de Guy Hermet publiée dans Usbek et Rica (très bon magazine que je vous recommande par ailleurs), qui m'avait beaucoup plue mais avec laquelle je n'étais pas tout à fait d'accord (ça arrive...).
Pour vous donner un aperçu de l'ensemble, l'interview était ainsi titrée : "Guy Hermet : « Ce qui est universel, ce n'est pas la démocratie, mais la poursuite du bonheur »". Voilà qui remet bien en cause mes idéaux.
J'invite donc tous les détenteurs de l'excellent Usbek et Rica à relire l'interview (dans le dossier observatoire sur les dictateurs), et les autres à se fournir cette came qu'elle est bonne. Mais ça ne dispense personne de lire cet article, qui se veut assez indépendant de l'interview initiale.

La démocratie

Pour commencer, je vais tenter de définir ce qu'est et ce que n'est pas la démocratie.

Emprunté, via le bas latin democratia, au grec ancien δημοκρατία, dêmokratía, composé de δῆμος dêmos « bourgade, peuple » et κράτος krátos « corps politique », « gouvernement ». (Wiktionnaire)

La démocratie se définit donc étymologiquement comme étant une gouvernance du peuple par lui-même. C'est bien beau, mais qu'en est-il ? Les philosophes des lumières ont édictés trois piliers nécessaires à la démocratie : la Liberté, l'Égalité et la Fraternité (je suis certain que ça vous dit quelquechose...). Ces trois piliers sont loin de n'être que la devise de l'État français. Ce sont les conditions sine qua none pour une véritable démocratie. Je m'explique :

  • Pas de libertés ? Autant être tous en prison, cela reviendrait au même... Les libertés sont donc nécessaires à la démocratie.
  • Pas d'égalité ? Cela revient à laisser à certains le droit d'écraser les autres, et donc mène un groupe de rats bellicistes à prendre le pouvoir. Et donc le peuple ne pourrait plus gouverner...
  • Pas de fraternité ? C'est là moins évident, mais sous la notion de fraternité se cache en réalité les deux notions de respect et de partage. Si ces deux notions ne sont pas là, alors se crée un peuple formés d'égoïstes et le tissu social se désagrège. La conséquence : un bellicisme latent qui grimpe et un désintéressement du peuple qui mène les mêmes rats bellicistes à prendre le pouvoir, causant sur le long terme des années dictatures (dans le meilleur des cas).

Ces trois élément sont donc non seulement des conditions nécessaires à la démocratie, mais en plus ils la définissent. La démocratie est donc un système répondant à l'ensemble de valeurs que sont l'aspiration à la liberté, à l'égalité, au respect et au partage entre les citoyens.

Mais voici quelques définitions connexes qui pourraient vous intéresser :

Représentativité
C'est un système où le peuple délègue la gouvernance à un ou plusieurs représentants élus ou choisis par d'autres représentants (élus, eux). Il peut apparaître sous la forme de république comme de monarchie. Ce système est souvent appelé "démocratie représentative", mais je ne considère pas ce système comme démocratique. Je préfère un système de démocratie "par voie directe".
Méritocratie
Dans ce système, c'est ceux qui font qui obtiennent le pouvoir décisionnel. Il est donc (bien que ses défenseurs s'en défendent) infiniment plus démocratique que le système représentatif, même s'il ne l'est pas totalement. Pourquoi ? Par exemple parce qu'il passe outre le concept de pouvoir qui s'acquiert et se conserve à la dure (voire par la force), tel que définit dans "Il Principe" de Machiavel, et pousse ainsi au partage du pouvoir... C'est en général sur ce système que se repose le monde associatif (dans les petites associations du moins). Il faut dire aussi que j'apprécie l'honnêteté intellectuelle des partisans du modèle méritocratique (qui reconnaissent que ce n'est pas démocratique, il faut suivre au fond !)...

La relation entre bonheur et démocratie

Ici, je ne pense pas qu'il y aie besoin d'une définition complète du bonheur. Tout le monde sait que cela correspond peu ou prou à un sentiment de bien-être. Ce qui va être intéressant, en revanche, ce sera d'observer l'incidence des trois piliers de la démocratie sur le bonheur d'une population.

Prenons les libertés : un peuple non libre, oppressé, où chaque citoyen vit dans la peur de se faire arrêter, torturer ou tuer au moindre pet de travers ne peut être heureux. Ça me semble assez évident que si je ne suis pas libre de parler (liberté d'expression), de vivre tranquillement dans mon coin (liberté de vie privée)... je ne peux être heureux. Le bonheur ce n'est pas seulement me dire que c'est bien que mon gouvernement me remplis la panse. C'est aussi pouvoir vivre comme il me sied. C'est donc être libre de ne pas être dans la norme et de l'affirmer. C'est être libre de garder pour moi des choses qui ne regardent pas les autres, même si je n'ai rien à cacher, et surtout si je n'ai rien à cacher. C'est être libre d'aller où bon me semble. C'est être libre d'être maître de moi-même.
Si je ne suis pas libre, comment puis-je être heureux ? Comment puis-je me sentir valorisé ?

Prenons maintenant l'égalité, et c'est là la même rengaine : un système où certains sont plus égaux que les autres permet aux uns d'écraser les autres. Une minorité pourra alors être heureuse (et encore), mais le sentiment d'injustice sera tel que l'immense majorité ne pourra être heureuse.

Finissons avec la fraternité : respect et partage me semblent des composantes essentielles au bonheur, et encore plus que la liberté ou l'égalité. D'une part, si je ne puis partager sans me faire spolier, et si personne ne souhaite partager de moment, d'idée, d'objet, etc. avec moi, je me sens rejeté, délaissé. Dans un tel état, je ne peux me sentir heureux. D'autre part, c'est inconcevable que quelqu'un qui n'est pas respecté puisse se sentir heureux. Et celui qui manque de respect peut (et devrait s'il est honnête) le regretter. Il n'est alors pas heureux.

Les piliers de la démocratie sont donc nécessaire au bonheur. Et comme ils sont non seulement des conditions pour la démocratie mais aussi que la démocratie s'y limite, alors une véritable démocratie est une condition sine qua none au bonheur.
Vous remarquerez tout de même (si vous avez lu l'interview), que je ne suis pas en désaccord total avec Guy Hermet. Nous sommes visiblement d'accord sur nos définitions de la démocratie, et je le rejoins sur le fait que la quête du bonheur est universelle. Là où je ne suis pas d'accord, c'est que j'estime que la démocratie est nécessaire au bonheur, et donc qu'elle est universelle.

Note à benêts : je sais que mon titre est une merde sans nom et qu'il manque cruellement d'originalité. J'ai aussi conscience d'être un fucking idéaliste utopiste. Soyez pas trop méchants je vous prie... ;-)

28.05
2010

Il y a maintenant quelques semaines sortait Steam pour Mac. Je l'ai testé et ai pu jouer à Portal, obtenu gratuitement et légalement sur ladite plateforme. Je ne vais pas ici vous faire un compte-rendu détaillé de ce test, ni de ce jeu. Pourquoi ? Et bien pour l'un, le web regorge de présentation de Steam, et celle-ci n'aurait servi à rien. En outre, je n'ai testé steam que sur un seul jeu, sans multijoueur, ce qui est très limité. Et pour l'autre ? J'ai déjà donné mon avis dans le second niveau de Podamper.
Que vais-je faire donc ? Et bien je vous propose de suivre une petite réflexion que je me suis faite à propos de l'avenir du jeu et de ses plateformes en général, et de Steam en particulier... Ça vous tente ? C'est par ici la visite...

Une plateforme d'avenir

Commençons par quelque chose de simple : Steam est une plateforme multi-plateforme (oui, je me répète, mais pour une fois j'y peut pas grand chose). Steam existe en effet sous Windows, Mac et bientôt GNU/Linux. Pourquoi est-ce que ça en fait une plateforme d'avenir ? En effet, on ne compte plus le nombre de joueurs préférant choisir un PC sous Windaube plutôt qu'un Mac ou qu'une plateforme tournant sous Linux, sans compter les BSD et autres systèmes UNIX, à cause du catalogue de jeu quasiment inexistant ailleurs que dans l'univers créé par la firme de Redmond... Moi-même, je me plains souvent de voir arriver les jeux sous Mac avec plusieurs mois, voire années, de retard par rapport à Windows. Quand ils arrivent. C'est donc une bonne nouvelle de voir qu'une plateforme puisse susciter la concurrence. Et Steam le fera, vu leur nombre de client.

Second point : Steam, comme d'autres plateformes, met sur pied d'égalité les blockbusters avec les indie games. Et toute personne sensée vous le confirmera, quand le blockbuster est fait pour attirer un maximum de monde et donc ne prend pas de risque avec la créativité, le jeu indépendant est développé... indépendamment de grosses structures et laisse donc davantage s'exprimer la créativité des artistes qui conçoivent et développent un tel jeu. Pour faire plus court et plus simple : le jeu indépendant garanti l'avenir du jeu vidéo dans son ensemble. Pas de jeu indépendant, et c'est la stagnation de l'art vidéoludique. Cependant, l'absence de blockbusters reviendrait pour un éditeur à renoncer à des revenus assurés. Et tout tout blockbuster appartient à un genre qui a été autrefois réservé à l'indie game.

Ensuite, puisqu'il s'agit d'une plateforme de vente dématérialisée, on peut tout à fait la comparer à ce cloud gaming qui fait tant parler de lui. En effet, tout comme le cloud gaming, Steam permet d'obtenir un jeu sans quitter son chez-soi, avec de nombreuses fonctions sociales (j'y reviendrais), et de conserver ses paramètres "on the cloud", ce qui lui permet de jouer avec les mêmes paramètres sur un autre ordinateur tant que l'on est connecté au même compte. Mais contrairement à une solution comme Onlive, on n'est pas limité par le ping, et surtout, on n'a pas à payer un abonnement en plus du prix des jeux à l'achat. Cependant, tout n'est pas tout rose pour autant.

Une plateforme dépassée

Non, tout n'est pas tout rose. Je vais d'ailleurs rester sur la même comparaison avec le cloud gaming pour commencer. La 4G (LTE/MIMO/WiMax) d'une part, la fibre optique et ses débits symétriques d'autre part, le très haut débit arrive et est partit pour durer. Quand on prend ce paramètre en compte, il devient évident que le streaming a tout l'avenir devant soit. Je vais même aller plus loin : le streaming, c'est l'avenir. Pourquoi perdre son temps à télécharger un jeu alors qu'on pourrait y jouer instantanément ? Certes, Onlive n'est pas l'avenir du jeu, de même que le cloud gaming tel qu'on le conçoit actuellement ne l'est pas non plus. Mais ce sont des premiers pas non négligeables.
Je m'explique : de la même façon que Spotify a révolutionné le streaming musical en le faisant rejoindre une application desktop (bien moins contraignant qu'une application web), en introduisant un protocole peer to peer, le tout en proposant quand même le téléchargement (mais non nécessaire pour jouer un morceau), je pense qu'une application de streaming ira plus loin encore, et pourquoi pas avec autre chose que la musique, puisque les débits le permettront...

Autre problème : le prix. C'est cependant actuellement inhérent à toute plateforme de vente de jeu dématérialisée, et donc pas exclusif à Steam. Peu importe. Franchement, vous en avez pas assez de voir les éditeurs de jeu se dire « Eh ! Mais c'est formidable le dématérialisé ! On va pouvoir continuer à vendre nos jeux au même prix, mais en plus on va récupérer la marge de la distribution ! » ? Moi si. Quand je vais au cinéma, je paye 19,80 € par mois (carte UI), mon abonnement à Spotify Premium me coûte à peine moins de 10 bourzoufs par mois, alors je vois vraiment pas pourquoi il n'existerais pas d'offre d'abonnement pour le jeu. Non mais...

Dans la même thématique, ou presque. Comment se fait-il que Valve intègre dans Steamworks un système de DRM ? Et après ça s'étonne qu'il y aie tant de piratage...

Toujours dans la même veine, pourquoi ne peut-on pas jouer sur Steam sans compte ? Il serait simple pourtant de permettre l'achat "anonyme" (ou plutôt indépendamment d'un compte Steam car un achat sur Internet n'est jamais anonyme) d'un jeu, le jeu au moins en solo, etc. Bien sûr, je ne compte pas profiter de l'aspect social (on y arrive, promis) ou de Steam Cloud (qui permet de conserver ses préférences d'un ordi à l'autre (et même pas de jouer en multi) sans avoir de compte, mais ça permettrait à tout un chacun de pouvoir tester la plateforme et de décider si oui ou non on va plus loin. Par exemple, il fut un temps où tous pouvaient écouter des morceaux sur Deezer sans nécessairement avoir de compte. C'était bien. Enfin... Le compte est au moins gratuit.

Une plateforme au temps présent

Cependant, si tout n'est pas rose, tout n'est pas noir pour autant. Je vous parlais de l'absence d'offre d'abonnement, ce qui est un gros défaut à mes yeux, mais les prix restent tout à fait corrects la plupart du temps, et surtout, il y a très régulièrement de magnifiques réductions.

Maintenant, chose promise, chose due, je vais vous parler de l'aspect social de Steam. Quand on voit l'importance que prennent les réseaux sociaux, on devine aisément qu'une plateforme de jeu en multi-joueurs se devait d'intégrer des aspects sociaux comme des comptes, contacts, groupes, chat, etc. Voilà.
Vous en vouliez plus ? malheureusement, tout était déjà dit, et de toute façon ça n'est pas un réseau social particulièrement original... Cependant, je peux tout de même insister sur le fait que, comme le font déjà le Xbox Live et le PSN, la communauté de l'anneau Steam permet d'étendre le social gaming au delà du salon, ce qui peut être pratique... Satisfaits ? Non ? bon ben tant pis, je peux pas plus pour vous.

On va tout de même avancer un point avant de finir : de part des nombreux avantages (multi-plateforme, social gaming, offres avantageuses, indie games à égalité avec les blockbusters...), la plateforme Steam s'avère être une belle alternative au "piratage" des oeuvres vidéoludiques. Chacun a son avis sur le sujet, mais on peut au moins saluer le fait qu'un éditeur aie compris quelque chose. C'est tout de même à améliorer, je suis d'accord.

Et c'est en disant que Steam n'est décidément pas encore, malgré ses nombreux avantages, ma plateforme idéale que je vais conclure cet article dont le plan me rappelle une dissertation bien scolaire (si si, avec thèse/antithèse/synthèse, vous pouvez vérifier !)...
La visite est terminée, n'oubliez pas le guide...

17.05
2010

J'avais dit que j'en parlerais plus en profondeur, voici des détails sur mon nettoyage de printemps. Je me concentrerais volontairement sur les services de trois grosses sociétés : Apple, Facebook et Google.
Je ne vais pas vous faire l'un de ces nombreux articles du moments sur pourquoi ces trois larrons commencent à devenir de véritables plaies, pour cela je vous invite à me suivre sur Twitter, vous en trouverez beaucoup dans ma veille. Ici, on va davantage s'intéresser au comment qu'au pourquoi. Comment les éviter, donc, mais aussi par quoi les remplacer, en cas de besoin. Je ne ferais pas non plus un article particulièrement exhaustif, mais je m'attarderais sur les services que j'utilise, puisqu'on est quand-même dans le cadre de mon nettoyage de printemps...
Mais assez tergiversé, allons-y !

Le cas Apple

Ce sont des produits/services d'Apple que j'utilise le plus : j'ai un Mac, sous OS X.5, avec iWork ; je possède un iPhone, certes jailbroken ; et mon mail, mes contacts, mes calendriers sont chez MobileMe, qui synchronise toutes mes données entre mon Mac et mon iPhone et géolocalise mon iPhone en cas de perte/vol (ça s'est déjà avéré utile, si si).

Mon Mac est un bon ordinateur, et ça n'est pas un véritable soucis, dans le sens où il n'envoie aucune information chez Apple et qu'il ne m'empêche pas la maîtrise de mes données. C'est davantage le cas d'OS X. Le problème, c'est que pas mal de données y sont stockées, et que je ne voudrais pas les effacer au profit d'une distribution GNU/Linux. J'ai donc commencé à me renseigner, j'ai choisi ma distrib' (Arch Linux, qui me semble être à même de s'adapter à tous mes besoins sans pour autant m'en imposer d'autres), et je vais, dès que j'aurais économisé un peu, m'acheter un nouveau disque dur, qui me servira un premier temps à abriter un dual boot, puis une fois la migration effectuée, à abriter mes données en me laissant un peu plus de marge de manoeuvre que mon actuel 320Go. C'est donc en suspend, mais loin d'être abandonné (d'ailleurs, plus le temps passe, et plus je suis décidé).
Quant au prochain ordinateur que j'achèterais, bien que ce ne soit pas à l'ordre du jour, il y a de fortes chances pour qu'il y en aie deux : un PC ultra-portable, et un autre PC, mais monté moi-même.

Pour mon iPhone, c'est plus ou moins le même problème : c'est du matériel, et du coup ça a un coût. Bien sûr, je le laisserais jailbroken, pourvu qu'il ne bugge pas trop, mais le prochain portable que j'achèterais (si j'ai des sous, encore une fois) sera sous MeeGo (non, je ne prendrais pas de téléphone Android, ce serais tomber de Charybde en Scylla).

Et maintenant, ça devient beaucoup plus intéressant quand on s'attaque à MobileMe. Il est bien évidemment hors de question de les remplacer par des services Google (Gmail pour les mails et contacts, Google Calendar pour les calendriers) ou Facebook (respectivement sa messagerie, son système "d'amis" et d'événements), on ferait alors pire que mieux.
Il est donc ici plus intéressant de se tourner vers des applications lourdes : on garde ainsi un meilleur contrôle des données et ça ne nuit pas le moins du monde à la productivité, bien au contraire. Quelle application, donc ? Pour le moment je m'oriente vers les applis incluses dans OS X, puis je verrai plus en détail quand j'aurais mon petit nunux...
Pour gérer mes mails, en revanche, j'ai une solution de recours beaucoup plus intéressante. En attendant d'être assez riche pour me payer une part de serveur chez Gandi (voyez avec ma page "Mécénat" pour plus de détails), je compte utiliser l'un de mes nombreux comptes Free via IMAP. Pourquoi pas celle liée à ce blog, pour plus de simplicité...
Et pour la syncro "over the air", je pense pouvoir m'en passer... Pour ce que je m'en sert... Le seul truc qui me manquera dans ce service, c'est la géolocalisation sur demande en cas de perte/vol...mais il existe des dizaines de services similaires.

Suppression du compte MobileMe à la fin de l'été, donc...

Le cas Google

J'utilise assez peu les services de Google, mais ça risque d'être tout de même intéressant. La migration est déjà en grande partie effectuée, et je vais donc davantage vous parler ici de ce qui est fait de ce qui est à faire. Il y a deux mois, donc, j'utilisais fréquemment Google Search, Google Maps, YouTube (pour les favoris) et Google Reader. Voyons voir du côté de la concurrence...

Commençons par la recherche. Tout le monde le sait, il existe d'autres moteurs de recherche. À commencer par les connus, comme Bing, Yahoo (bien que le moteur de Yahoo soit maintenant Bing) ou Exalead, mais aussi quelques obscurs comme Yauba ou Cuil...
Le problème, c'est que comme tout le monde utilise Google Search, les web-dev ont pris la mauvaise habitude d'optimiser leur référencement pour ce dernier uniquement (un peu comme les web-dev qui optimisaient leur code pour IE6 avant l'arrivée de Firefox). Et bien évidemment, l'algorithme de recherche de Google n'est pas le seul existant. Les résultats ne seront donc pas les mêmes d'un moteur à l'autre, mais ça ne veut pas dire que l'un est plus pertinent que l'autre, c'est normal : les deux classements des résultats pour une même recherche résultent d'une vision des chose différente. Bing, par exemple, est voué, d'après les dires de Microsoft, à devenir le moteur qui aide aux décisions. Il met ainsi en avant des résultats dans une optique pratico-pragmatique, ce qui est un sacré avantage dans certains cas !
J'ai donc opté pour différents moteurs, que j'utilise selon les cas. Pour une recherche web : Cuil et Bing. Pour un renseignement théorique : Cuil, le moteur de Wikipédia, ou Wolfram|Alpha (qui n'est pas un moteur de recherche à proprement parler, mais bon...). Pour un renseignement pratique : Bing. Pour chercher un blog : Exalead ou Yauba. Pour une recherche d'image : Wikimedia Commons, Exalead ou Bing. Etc.

Deuxième point important : la vidéo. Les choses sont ici claires : je ne vais pas tomber pour autant dans l'anti-google-isme primaire, et donc jamais (ne jamais dire jamais, je sais, mais je pense pouvoir respecter ce jamais-là) je ne refuserais de regarder une vidéo parce qu'elle est sur Youtube. Mais au delà de son monopole, je n'aime pas du tout l'interface du lecteur de Youtube. Non, mais franchement, c'est moche ! Je sais, des goûts, des couleurs, mais ça a des limites quand même, et ces limites s'appellent le bon goût. Du coup j'avais pris pour habitude de favoriser Vimeo quand je pouvais influer... Puis Dailymotion a sorti son nouveau lecteur, et a rejoint Vimeo dans mon estime, le dépassant même pour avoir favorisé le codec Theora face à l'H264 au sein de la technologie HTML 5. Maintenant, l'aspect éthique prenant de plus en plus d'importance à mes yeux, je ne favorise plus que Dailymotion (codec libre, pour ceux qui suivent pas)... mais sans pour autant avoir créé un compte sur ce site. J'ai simplement choisi que, tant que je ne créais pas moi-même de vidéo, un compte sur un tel site devenait inutile. D'autant plus que je pourrais donner davantage de visibilité à une vidéo en tweetant un lien qu'en la notant comme favorite. En revanche, si maintenant je devais héberger une vidéo, ce serait en HTML 5 sur mon site, ou avec un lien de téléchargement, mais sans passer par de tels hébergeurs (après-tout, je ne fais pas beaucoup de vidéo, et donc il n'y a pas vraiment de risque de surcharge du serveur qui m'héberge).

Troisième point : les cartes. J'avoue que ces derniers temps, je n'ai pas eu besoin d'utiliser une carte, et donc je ne me suis pas posé la question plus que ça. J'ai donc quelques pistes, mais rien de bien concret...

Et enfin, j'ai honte, mais malgré mon utilisation intensive de Google Reader, je n'ai pas encore entamé ma migration... Pourquoi ? parce qu'au vu de mes besoins (synchronisation entre plusieurs devices, entre autres), j'en suis venu à considérer que le meilleur agrégateur de flux serait sous la forme d'un site. Mais on retrouve alors les mêmes problèmes qu'avec Google : on donne des informations nous concernant à une société privée. Ayant la flemme de coder moi-même une telle application, je suis à la recherche d'un CMS spécialisé dans l'agrégation de flux... Et je n'ai toujours pas trouvé mon Graal.
Si vous avez envie de développer un tel CMS, contactez-moi. Si vous trouvez le Graal, contactez-moi aussi, mais en plus vous aurez le droit de vous fendre la gueule...

Le cas Facebook

Pour ce cas-là, il faut bien avouer que j'ai très peu usage de cette bouse infâme qu'est Facebook, et que déjà je n'utilisais que parce que 98% de mes contacts y étaient. En gros, je me sert de mon mur pour diffuser mes tweets (j'ai linké mes comptes Facebook et Twitter), et aucun autre contenu, et j'utilise aussi la messagerie instantanée, mais depuis Adium sur mon Mac. Bref, je ne vais jamais sur ce site, sauf pour accepter ou décliner une proposition d'ajouter aux contacts, ou pour limiter tant que possible les dégâts occasionnés par les changement dans les conditions d'utilisation.

Pour commencer ma purge, j'ai retiré toutes les informations accessibles au public (mon âge, ma ville, etc.), j'ai interdit à mes "amis" de me contacter sur mon mur ou via la messagerie (de toute façon ça ne servait à rien, je n'aurais pas été au courant que de tels messages étaient là) et je n'accepte plus de nouveaux contacts.

Je désactiverais complètement mon compte Facebook courant Septembre.

Pour les statuts, ça ne me changera pas, puisque je continuerais de tweeter tranquillement. Pour mes "amis", ils pourront toujours me lire sur Twitter, et s'ils le veulent, se créer un compte et me follower. C'est pas très compliqué, et tant qu'on se motive ça en devient même amusant. Infiniment plus qu'avec Facebook.
Quant à la messagerie instantanée, je compte faire migrer mes contacts vers Skype, voire vers les DM de Twitter, mais sachez dores et déjà que je m'intéresse beaucoup à Jabber.

Bien entendu, j'observe avec beaucoup de curiosité des projets comme Diaspora ou encore MOVIM (d'ailleurs, le projet MOVIM a besoin de développeurs, n'hésitez surtout pas si vous avez du temps, l'envie et les compétences... ou simplement des connaissances qui pourront aider ^^). Je ne sais pas si ça m'ira comme un gant, mais je testerais, ça c'est sûr...

En conclusion, il ne me reste plus grand chose, si ce n'est un besoin de sous et de devs volontaires, et une grande joie d'avoir découvert des choses, de m'être débarrassé du superflu et des tares éthiques de ces trois larrons...
Et vous, allez-vous faire des nettoyages en profondeurs aussi ? Si oui, je suis impatient de découvrir vos purges personnelles.

01.04
2010

Bien. On a vu ce qu'est un geek, quelle image est perçue de lui, et on a constaté comme un dysfonctionnement... Dysfonctionnement qui est donc due à de nombreux a priori, mais il faut bien un vecteur de transmission pour la désinformation, non ? Les médias de masse font ça très bien, mais le must, c'est quand certains individus nous discréditent sans même s'en rendre compte (et en se discréditant du même coup mais là c'est pas grave, vu qu'il leur manque de toute façon un cerveau). Nous allons donc essayer d'étudier ces individus façon TF1, et on verra bien ce que ça donnera... Je prendrais soins toutefois de ne pas qualifier ces individus d'espèce à part entière, car on dériverait alors trop facilement vers les théories nazies à propos d'animaux à forme humaine. Et j'ai pas envie d'obtenir mon point Godwin tout de suite... Plus tard, peut-être.

« Il existe sur cette planète certains individus à part. Ces individus se nomme de toutes les façons possibles, mais leur véritable nom est Kévin Michu. Oui, tous. Ces individus sont le croisement entre un beauf dégénéré et une ménagère de moins de 50 ans (couramment appelée Mme Michu). Il en existe une variante féminine, dont le prénom sera alors Kévina ou Jessica, mais elle ne se montre pas beaucoup et nous manquons d'information sur elle.
« Le Kévin, également appelé le Kikoolol car il commence toutes ses phrases par "kikoo" et les termine systématiquement par "lol" (possibles dérivés comme "mdr", "ptdr", "xd" ou "xptdr"), est un individu particulier : il a en effet hérité de gènes peu enviables à l'origine, mutés en pire, et une éducation qui empire le tout. Il souffre donc d'une malformation malheureusement plus si rare que ça puisqu'il n'a aucun cerveau. Au sens propre comme au figuré. C'est une victime et c'est la faute d'Internet. Ah ben non, ce coup ci c'est celle de TF1... »

Ici s'arrête le reportage, car j'ai bien conscience que le style TF1 doit bous faire saigner votre cerveau, vous qui en avez... Retenez tout de même qu'il y en a plusieurs types, et que chacun posent un problème distinct à la civilisation geek (je vous avais bien dit qu'on atteindrait le point Godwin...). J'essaierais ici de lister ces différentes sortes de Kévins, ainsi que les problèmes qu'ils suscitent.

Le cas du Kikoolol de base : Il ne comprend rien à rien. En général c'est un pré-adolescent boutonneux se cachant derrière un écran pour troller et se faire passer pour un pirate. Il confond Internet avec un ensemble Facebook + Skybeurg + MSN + language SMS + Dofus (ou WoW) + Chatroulette. Il confond également geek avec pseudo-technophile, ça va de soit... Précision supplémentaire : il adore troller. C'est même parfois un gros troll des cavernes bien poilu.

Le cas "wanabe geek" : Le Kévin classique, le wanabe geek souhaite se faire passer pour un geek et va beaucoup sur internet. Le problème c'est qu'il n'a ni centre d'intérêt ni ouverture d'esprit. Il ne souhaite que se donner une image. Du coup il peut avoir une certaine connaissance de la culture geek, se dire fan d'Alexandre Astier, lire Geek le Mag, être inscrit sur Facebook et Twitter, et se ramener en cours avec des T-Shirt clamant leur "geek attitude". Arf... Et le pire c'est qu'ils y croient dur comme fer, se disent geek, et tout. Sauf qu'ils n'en comprennent pas le sens. Et bien sûr ils ne vous vouent pas un culte, car vous êtes à leur yeux une bizarrerie particulièrement étrange qui mériterait de se faire interner... ou externer, c'est selon. Seul un vrai geek saurait repérer que cet individu n'est qu'une sale copie ratée, mais M. Toutlemonde l'a déjà assimilé au geek et, bien évidemment, ça contribue à déformer l'image du geek. Dernier point : il est persuadé que "Geek is Chic".

Le cas "Je me prend pour un geek, mais j'imite l'Hikikomori" : Là, c'est le plus grave. Non seulement c'est un attardé fini, mais il ne se contente pas de ça ! Si vous vous souvenez bien, l'hikikomori est un malade, dont la pathologie lui sert d'alternative au suicide. Il s'agit donc d'un être instable mentalement qui a besoin d'aide. C'est déjà assez dur comme ça à dénicher, il faut maintenant que des abrutis s'amusent à brouiller les pistes en se faisant passer pour des "nolifes" ! Sauf que là il ne s'agit pas de cacher un oeuf en chocolat (oui, Pâques approche), mais d'empêcher les médecins d'aider quelqu'un qui en a plus que besoin ! Amis parents, rassurez-vous tout de même, ça veut dire que si votre enfant présente les symptômes de l'hikikomori (ne sort de sa chambre que pour les besoins essentiels, ou pas, se crée une identité secondaire jusqu'à en ignorer sa personne physique...), il n'en est pas forcément un. Ça peut être juste un attardé ordinaire jouant à plus con qu'il ne l'est (et pourtant c'est dur !).

Le cas "Fashionned kikoolol" : Facile à expliquer, celui là... C'est un kikoolol de base, mais qui porte des T-shirts Superman et est en général un peu plus agé que ce dernier.

Vous voulez un point positif à ce tableau ? Ça tombe bien, j'en ai justement un sous la main : il suffit d'un peu d'éducation (d'une vraie éducation, avec des médias qui disent la vérité et tout), et le problème Kikoolol sera éradiqué. Plus facile à dire qu'à faire ? Je vous le concède. Il est cependant primordial de ne pas confondre "reconnaissance de la culture geek" avec "destruction de l'intérieur de la culture geek", merci...
Sinon il reste la bonne vielle méthode dite du "Head Shot", mais j'ai bien peur qu'elle soit interdite IRL ;-)

Voilà qui clôt cette petite série d'articles "Geek is not so Chic" sur la condition du geek dans notre beau pays qu'est la France (hou le copier/coller !), qui n'aura intéressé que les geeks vu les titres, mais bon... Gardons espoir !

25.03
2010

Dans mon précédent article, j'ai tenté de définir certains termes liés au geek. Le problème, c'est que si la majorité des non-geek ne nous comprennent pas, parce qu'ils ne comprennent pas ces termes, il faut malheureusement ajouter une bonne dose d'a priori. A priori encouragés par la TV, le cinéma, la radio, les magazines, etc. Ainsi, le geek est toujours défini comme un être renfermé (comprenez associal), avec une santé morale déficiente, codant comme un dieu, et surtout, ne trouvant le bonheur qu'en renonçant à leur propre personnalité pour devenir quelqu'un de "normal". Tout le contraire de ce que l'on est, donc...

Imaginez : un être passionné par définition se retrouve à faire des choses qu'ils n'aiment pas simplement parce que c'est l'image que les média véhiculent ! O_o ! Et forcément ils font des trucs impossibles dès qu'on leur passe un clavier (genre pirater la NASA en trois lignes de code). Mmmoui bien sûr... et bien sûr ils rêvent d'avoir une vie sociale mais ne peuvent pas parce que ce sont des malades mentaux ! Omagad !

Mais revenons aux origines du folklore qu'ont imaginés pour nous ces gens "normaux" : un geek est forcément gros et boutonneux (une variante sous alimentée, donc maigrichonne, existe également), le teint blafard, féru de science, d'informatique (comprenez à ce niveau là de "magie noire avec du code"), à l'univers étrange (donc forcément malsain), mais surtout, il est drogué. Ça y est, j'ai lâché le mot...
Mais ouate de phoque, quoi !

Et en plus, malgré que notre culture soit de plus en plus exposée et acceptée, malgré qu'on leur explique en long en large et en travers, ces gens préfèrent croire la télé où on leur dit que passer plus de deux/trois heures par jour sur l'ordinateur relève de la pathologie... Et que font ceux qui bossent à l'aide de l'ordinateur, à votre avis ? Et n'allez pas dire qu'ils ne sont pas volontaire et que donc ça compte pas, parce que j'ai encore de quoi rétablir la vérité : l'étudiant qui préfère prendre son cours sur son laptop plutôt que sur du papier parce que ça permet d'aller plus loin (connexion à Internet, donc wikipédia sur tel nom d'auteur dont on ne se souvient plus, et hop, on est plus perdu en quelques dizaines de secondes...), entre autres. Ben oui, l'ordi n'est pas une drogue, mais un outil formidable. Et c'est pas en diabolisant l'informatique que vous apprendrez à vos chères têtes blondes à utiliser correctement la machine (et là je tease déjà pour le prochain article... mais chhht, faut pas le dire).
Pire maintenant : je me souviens d'un pote qui ne disait pas à ses parents qu'il venait faire des jeux de rôles chez moi parce que la radio et les journaux disaient que c'était un truc de néo-nazi... Point Godwin, les mecs...

Et à la limite, si sa reste dans le milieux des moutons ordinaires que l'on savait abrutis (désolé pour les parents du pote en question, ils ne sont pas comptés dedans, mais j'ai d'autres exemples tellement invraisemblables que j'ai du mal à y croire moi-même), il n'y aurait pas trop de problème...

Ce qui me gène vraiment, c'est quand notre propre famille s'y met. Ainsi, comment puis-je vivre que ma mère me dise "T'as un grain, faut te faire soigner" quand je tweete mes cadeaux de Noël ? Comment dois-je prendre les rencontres répétées pendant de longues années avec trois psys (qui ne m'ont trouvé aucun problème d'ordre psychique, mais il a tout de même fallu attendre quelques années pour que mes parents arrêtent de m'y envoyer) ?
Et puis ça vient aussi dans le cercle scolaire. Je me souvient de ce prof qui m'avait mi un zéro parce que j'avais rendu mon DM en avance (tout bon, alors que le cours correspondant au dernier exercice n'avait pas encore été commencé). Effectivement, en bon nerd, j'avais déjà vu l'ensemble du programme dès le début de l'année, et ce prof ne m'a presque rien appris...
Et pour finir en beauté, pourquoi ces mots, "geek", "nerd", etc, sont considérés par une immense partie de mon entourage comme injurieux ?

Franchement, ça fait beaucoup de questions, qui ont une réponse toute simple : à l'instar de la couleur de peau, de la religion, du langage, de la nationalité, et de tant d'autres choses, il existe une discrimination à l'encontre des centres d'intérêt. Pourquoi ? Parce que de nombreux individus ont peur de l'inconnu et souhaitent garder leurs oeillères. Ces personnes ne comprennent pas qu'en gardant leurs oeillères non seulement elles oublient leurs libertés et se font du mal, mais elles comprennent encore moins qu'elles font du mal à d'autres, qui pourtant n'ont rien demandé d'autre que de vivre tranquillement. Et comme on est en démocratie et que nous naissons tous égaux, il est de notre devoir de les éduquer. (ta tadaaa !)
Voilà, comme ça on a une fin super-moralisatrice digne d'Holywood et ma référence au Christ est méritée. Grand homme ce mec. Dommage qu'on soit pas sûrs qu'il ait existé...

Bon, et sinon, pour vous redonner le sourire après ce grand épanchement de larmes, sachez que dans mon prochain article, on va headshot du kikoolol ! Hell, yeah !

19.03
2010

Aujourd'hui, je vais commencer une série d'articles "coup de gueule" sur la condition du geek dans notre magnifique pays qu'est la France. Ben oui, parce que j'en ai souvent marre de tomber sur du "Geek is chic" et autres "T'es geek ? faut te faire soigner alors..."

Le problème avec le mot "geek", c'est qu'il a autant de définitions qu'il existe de geek... fort heureusement, on peut trouver quelques notions qui font plus ou moins consensus, et je vais donc tenter de définir devant vous le terme "geek", ainsi que les termes qui s'en approchent (que le lien soit réel ou qu'il s'effectue dans l'imaginaire du non-geek)...

Geek : Le geek est avant tout un être passionné. Il fait passer ses hobbies avant tout, et s'ennuie profondément quand le sujet de discussion n'est pas dans ses hobbies. Il n'est pas associal pour autant, et pour le démontrer, il suffit de lui parler d'un de ses sujets favoris : il deviendra alors particulièrement bavard et, tout en se mettant du mieux qu'il peut à votre niveau, tentera de vous communiquer sa passion. Le geek est en outre particulièrement ouvert d'esprit, puisqu'il s'intéresse à toutes sortes d'Art et d'élément culturels. Ainsi le geek reconnaît naturellement la BD ou les séries télés comme étant des formes artistiques, alors que c'est loin de faire consensus chez les non-geeks. Le geek (et là on peut rapprocher la culture geek des Compagnons de France que l'on trouvait jusqu'au 19ème siècle) cherche également à faire éclore une démarche artistique à partir de la technique (c'est ainsi qu'est né le jeu vidéo, entre autres). Le geek n'est pas forcément un analyste-programmeur, loin de là.

Nerd : Ici la définition est encore moins consensuelle, aussi prenez des pincettes avec ce que je vais dire, puisqu'il s'agit de la définition que je donne personnellement à ce terme. Le nerd est pour moi un curieux. Quelqu'un qui cherche à assouvir une soif de connaissance illimitée. Le nerd est donc souvent un rat de bibliothèque, un scientifique dans l'âme ou encore un internaute acharné. Le nerd est un individu qui cherche à apprendre une quantité qu'il ne peut lui-même imaginer de données et de savoir, et ce pour l'amour du savoir. Dans une discussion, en tant qu'amoureux de la connaissance, il agira comme une encyclopédie vivante, mais jamais pour épater la galerie ou pour des vélléités personnelles. Il essaiera tout simplement de vous communiquer des informations. Point. Soit parce qu'inconsciemment il tentera de vous communiquer sa soif de connaissances, soit parce qu'il espère, toujours inconsciemment, que vous lui fournirez des informations en retour, ou tout simplement parce que sa joie de savoir est telle qu'il pense que vous aussi vous en tirerez du bonheur.

Nolife : Néoanglicisme et donc terme purement franco-français, le mot "nolife" a été inventé par des journalistes en mal de sensationnel et apeuré par toute forme de changement. Afin de transmettre leur effroi face à cet élément nouveau, ils ont choisi un terme qui donnait l'impression qu'il était tant utilisé aux "States" qu'il en a été importé... Il devait de surcroît être compréhensible par tous, et c'est donc le terme "nolife" qui fut choisi... le problème, c'est que ce terme n'est nullement employé dans les pays anglophones, qui lui préfèrent celui de "jerks" (littéralement "schnock"... comme quoi on a des abrutis intolérants partout...). La réalité que définit ce mot n'existe pas ailleurs que dans l'imaginaire desdits abrutis intolérants.

Otaku : L'otaku est un individu appréciant davantage les activités intérieures aux activités... extérieures. C'est donc un amateur de lecture (romans mais aussi BD, magazines...), de vidéo (TV, films, jeux vidéos...), de musique, etc. Par extension, le terme a évolué pour définir un amateur de culture japonaise, mais les deux définitions coexistent.

Gamer : Le gamer est au jeu vidéo ce que le cinéphile est au cinéma. Rien de bien geek là dedans, donc... même si de nombreux geeks sont gamers (tout en étant cinéphiles ou autres)

Hacker : Bien que trop souvent confondu avec le cracker (le pirate informatique, comme les néophytes aiment l'appeler), le hacker n'est rien d'autre qu'un bidouilleur, quelqu'un qui aime savoir comment c'est fait... Encore une fois, rien de geek là dedans, puisque le bricoleur moyen est donc par définition un hacker (c'est marrant comme la perception des choses évolue quand on traduit ce mot...). Si on se représente si souvent le hacker comme étant informaticien, c'est parce que les informaticiens apprécient beaucoup bidouiller leur ordinateur (que ce soit l'aspect matériel ou logiciel). Le jargon informaticien usant et abusant de l'anglais, l'imaginaire collectif s'est emparé de ce mot pour lui donner une valeur détournée...

Rôliste : Amateur de jeu de rôle. Il existe cependant une différence entre le gamer jouant à un jeu de rôle vidéo et le rôliste qui, lui, préfère le jeu de rôle sur table (avec des fiches joueurs et des dés) ou grandeur nature. Ces deux formes de jeu de rôle ont en effet l'avantage de laisser l'imagination des joueurs libre de toute contrainte autre que le réalisme et la vraisemblance, ce que ne peut permettre (en tout cas actuellement) un programme informatique. Ici, et parce que les rôliste sont rares (malheureusement), la frontière entre le rôliste et le geek est plus poreuse, car l'immense majorité des rôlistes sont particulièrement passionnés.

Technophile : Un technophile est un individu féru de nouvelles technologies. Il existe de nombreux geeks non technophiles et de nombreux technophiles non geeks. Tout comme pour le gamer pour le jeu vidéo, le cinéphile pour le cinéma ou le hacker pour la bidouille, ce terme ne définit nullement une catégorie de geeks.

Hikikomori : Cas pathologique, l'hikikomori est un individu se cloîtrant et renonçant à son identité réelle pour s'en construire une autre de toute pièce. À ne surtout pas confondre avec l'usage du pseudonyme chez de nombreux geeks qui assument par ailleurs pleinement leur identité réelle. Devenir hikikomori peut être considéré comme une alternative au suicide. Messieurs-dames les non-geeks, merci donc de cesser de nous confondre ! Les geeks ne sont pas des malades mentaux ! La différence entre un hikikomori se cloîtrant dans sa chambre pour échapper à une réalité qui l'angoisse et un geek étant tout simplement particulièrement passionné est tout sauf poreuse...

Voilà... maintenant que tout le monde sait de quoi on va parler (oui, mes lecteurs c'est "tout le monde", et non, mes chevilles n'enflent pas trop... ah ben si quand même un peu...), le prochain article traitera de la discrimination anti-geeks...
À bientôt !